Alerte rouge à Saint-Étienne : la ville étouffe, et ce n’est pas un hasard.

Depuis juillet 2023, sous l’impulsion de Saint-Étienne Métropole, la fréquence de collecte des ordures a été brutalement réduite. On est passé de 3 tournées par semaine à 2 en centre-ville, et 1 seule dans les quartiers pavillonnaires.

Résultat ?
Des bacs saturés, des sacs au sol, des dépôts sauvages, des rats et une ville qui donne le spectacle d’un abandon organisé.


Une politique d’économies qui tourne au fiasco

Officiellement, il fallait réduire les tonnages enfouis à Roche-la-Molière et moderniser le tri via le centre de Firminy.

En réalité, on a surtout calqué l’organisation d’été sur toute l’année. Moins de passages, mêmes effectifs, mêmes moyens.

Les alertes des agents et de la CGT ? Ignorées.
Les risques annoncés ? Confirmés.

En novembre 2024, l’instauration d’un QR code obligatoire en déchèterie a achevé d’aggraver la situation. Moins d’accès = plus de déchets dans la rue. Simple. Prévisible. Évitable.


Ce que vivent les agents (et les habitants)

  • 1700 tonnes de déchets dans les rues pendant la grève d’avril 2025.
  • 100 % des agents stéphanois mobilisés.
  • Des conditions devenues dangereuses : seringues, gravats, verre brisé.
  • Risques sanitaires réels (leptospirose, prolifération de nuisibles).
  • Camions inadaptés, matériel de protection insuffisant.
  • Management vertical, mépris des remontées terrain.

Et pendant ce temps, les exécutifs se renvoient la balle.


Le vrai problème

Le cœur du sujet n’est pas technique. Il est politique.

  • La recherche obsessionnelle d’économies a dégradé le service public.
  • La baisse des moyens a produit l’insalubrité.
  • L’absence de communication et de prévention a favorisé un relâchement généralisé. Le respect du cadre de vie s’effrite sous nos yeux : on voit désormais des packs de bière abandonnés sur les trottoirs, alors que les poubelles sont à vingt mètres, ou des déjections canines s’accumuler devant les halls d’immeubles. Quand le service public se dégrade, les mauvaises habitudes deviennent la norme.
  • La guerre d’ego entre la Ville et la Métropole a remplacé le travail collectif.

On ne règle pas une crise de propreté avec des logiciels et des tableaux Excel.


Ce qu’il faut faire, maintenant

  • Adapter la fréquence de collecte aux réalités de chaque quartier.
  • Redonner des moyens humains et matériels.
  • Revaloriser les agents qui assurent un service vital.
  • Lancer une vraie campagne contre les incivilités.
  • Mettre fin au mépris et travailler ensemble.

À l’heure des municipales, les promesses ne suffisent plus.

Sainté mérite mieux qu’une ville poubelle.
Les agents méritent mieux que le mépris.
Les habitants méritent un service public digne de ce nom.

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